vendredi 24 avril 2015

Solœur.





   Les gens vont bien
   il fait soleil et les gens vont bien
   il fait soleil pour tout le monde et les gens vont bien
   tous les gens qui vont bien pensent que le soleil est pour tous les gens
   tous les gens qui vont bien pensent que tous les gens vont bien.


Mon soleil est un plexus érotique et solitaire, accoudé au sternum, une petite ruine vibratile. Ce qui est magnétique est peut-être en définitive maudit, assumer que suis vilain. Je m'accommode de conclusions qui durent quelques secondes, quelques pavés, quelques gouttes, quelques grammes, quelques globules.
J'écris des milliards de silences d'où depuis des trains (cellulaires) je retourne les sparadraps en réalisant : la plaie est cachée à la foule qui ne perçoit que la partie saine du pansement qui en-dessous est infectée
en-deça
des apparences croulent les errances de certitudes déshabillées, d'équilibres infraterrestres.

Méditations avec des stratosphères, des nuages nacrés atteignent l'ultraviolet. Les ondes sont du braille sous-épidermique, 
il est impossible d'en parler car il est impossible de parler. 
Car il est impossible.
Je prends la main de Mme H. qui meurt, elle dit « j'ai peur de dormir », je lui dis que s'endormir fait peur mais que dormir est bon, elle sourit jusqu'à mes yeux et ses doigts tremblent en serrant les miens. Une praticienne somatique demande « est-ce que vous chantez ? », non, je déteste ma voix, cette voix de merde qui ne formule que de la merde. À Mme H. je vocalise en peau, chanter des prières d'os.

Au rond-point bétonné de la gare il y a des roses, l'an dernier à cette époque j'envoyais des pétales de roses dans une enveloppe d'un beau grammage bleu, cette année à cette époque je tourne en ronds bétonnés de roses de gare. 
Sou/rire est inverti.










Max Ernst
"Quand la raison dort, les sirènes chantent."
1960