samedi 31 juillet 2010

En attente de dilution.

Le cerveau qui fuse,
des idées dans tous les sens,
des envies entre les idées,

des émotions comme des vecteurs laser,
mais un gros manque de temps pour synchroniser. L'impression d'être cimenté.

> Un seul manque de temps
< pour plein d'ondes de vie.
° Chercher à basculer la réalité.



Sur le sol actuellement les obligations contextuelles m'enserrent et me rendent flou. Alors quitter le sol pour l'eau, juste quelques instants, échappée express aquatique pour se diluer dans du silence d'une douceur atemporelle.



gone swimming...

samedi 24 juillet 2010

gribouillage depuis de microscopiques sillons

Terminé la lecture de l'ouvrage collectif « Imagination, imaginaire, imaginal » (ed. PUF) coordonné par Cynthia Fleury à ce moment de ma vie où il se dessine en moi une grande idée concernant le temps et l'espace.
« Grande » idée : pas grandiose mais ample dans sa façon d'occuper mes pensées, de s'étendre dans mon rapport au monde.

Le problème pour rédiger cette idée est justement qu'elle se dessine en moi, c'est-à-dire qu'elle se constitue nettement plus forme/s que mots, elle ondule bien plus qu'elle se structure clairement. Comme bien souvent.

Il s'agirait de parler d'ailleurs plutôt des temps et des espaces.

Le commencement a été depuis longtemps à considérer et à réfléchir intensément le temps & l'espace, cette structure spatio-temporelle avec laquelle je parviens difficilement à faire corps, dans laquelle je n'arrive pas à inscrire d/mes réalités, des réflexes, des positions. Je sais qu'il y a agencement du monde avec des horloges et des géolocalisations, mais j'ai bien souvent l'impression d'être liquide à côté de cette structuration.
Il n'empêche que je suis régi par la structure spatio-temporelle, je fonctionne dans ce monde et je n'échappe pas aux contingences et bien souvent à l'angoisse du tic-tac et des kilomètres. Il y a quelques jours lorsque j'étais chez la grand-mère de Nektor, je regardais absorbé la grande horloge générationnelle qui s'impose dans la cuisine, je l'observais en lui demandant : « et si tu fonctionnais en arrêtant d'indiquer le temps, si tu continuais ce merveilleux balancement du pendule tout en ne rendant pour autant plus compte de la moindre notion du temps ? »

Le temps et l'espace... À force de vivre à la recherche des interstices et des interlignes, dernièrement j'ai entrevu qu'il y a en fait des temps et des espaces. Et ce que je saurais malheureusement très mal expliquer par écrit : je ressens qu'il y a des sortes d'entre-les-temps et d'entre-les-espaces.
Le monde qui nous est donné à voir dispose en réalité (...) de très nombreuses échappées, pas au sens de fuir ou de fuguer, mais dans l'idée d'escapades, d'envolées. Il y a des temps et des espaces qui peuvent s'ouvrir comme des secrets, qui sont invisibles à qui ne parcourt pas les questions et réponses d'un monochrome.

Il ne s'agit pas pour autant d'autres espaces et d'autres temps. Pas d'à côtés ou d'ailleurs, ni quoi que ce soit d'évanescent ; non tout est déjà ici et maintenant. Je dirais qu'ils se situent juste entre ce qui est immédiatement perceptible. Un peu à la façon de ce qu'il pourrait y avoir entre la gauche et la droite.

J'ai réfléchi notamment à partir de l'apnée et à partir de la musique (aussi des questionnements à partir de l'orgasme sexuel par rapport à son ailleurs paroxystique, mais je reste partagé entre plusieurs points de vue, n'ayant notamment jamais considéré l'orgasme comme une recherche absolue).
Comment et où se situe cet état très profond d'un corps qui est pleinement conscient et sans oxygène vital ? Qu'y a-t-il pendant quelques dixièmes de seconde entre les notes d'une mélodie ?

Je perçois désormais de plus en plus comme des temps et des espaces infimes - sillons microscopiques - qui constitueraient des zones en suspend, des surfaces d'existence où il est possible d'être ni gigantesque, ni minuscule, ni ici, ni ailleurs. Mais juste d'être, d'une totalité presque transparente.

Mon explication reste très abstraite, pour autant je ne la vis pas confuse. Les mots manquent, toujours... et c'est peut-être mieux ainsi.

*

... Et je dois filer parce que
{temporalité} je suis en retard
{localisation} pour aller au cinéma !



« L'imagination créatrice anticipe, dans ses métahistoires et hyperespaces, tout ce qui peut arriver de singulier et de local dans le monde sensible. En ce sens, le monde sensible n'est une ultime détermination de ce qui peut être actualisé, sur un plan supérieur, dans le monde imaginal. L'imagination créatrice de visions ne génère pas un autre monde mais constitue plutôt une sorte de pré-vision du nôtre. »

« La créativité imaginative, le paradigme autopoïétique »
par Jean-Jacques Wunenburger
p.175

jeudi 15 juillet 2010

Cinétique ondulatoire.

Violente douleur dans la cuisse gauche depuis hier, sensation lancinante de la crête iliaque jusqu'aux rotules du genou. Parfois foudroyante, ce qui indique fort probablement un problème au niveau du nerf crural.
J'hésite mais accuse probablement les nombreux essais du nouveau fauteuil électrique où les positionnements sont encore très insatisfaisants... Grosse colère ici, l'incompétence et l'inattention des humains-creux appelés « représentants commerciaux » me plaquent contre un mur d'impossibilités et de frustrations.

Beaucoup de mal à dormir cette nuit avec la douleur, un véritable tonnerre dans la cuisse. Réveils à 3h puis 5h pour essayer de trouver une position calmante. En vain.
La douleur est tenace et augmente.
Je suis là assis dans le lit, solo, en sueur, juste ce nerf hurlant et moi qui en gémis jusqu'à frapper dans le matelas.
Ok, il y a ce moment où je décide d'arrêter de me débattre. « Ça » fait mal, mais « ça » peut alors peut-être s'écouter.
J'écoute.
Je suis essoufflé, alors dans un premier temps je me mets à respirer le plus profondément possible. Et peu à peu je ressens que je peux presque caler ma respiration au rythme de la douleur. Cette douleur a un rythme, pas que lancinant mais profond, comme vital. Et une pensée se fait aussi fulgurante que l'intensité de la douleur : je perçois une vague.

La douleur est une vague, ma respiration peut être cette même vague, et mon être peut suivre cette vague si je me concentre. De cette concentration d'apnée : faire le vide et juste se connecter à un élément.
Une vague...
Rien de néfaste, juste une vague.

~

Penser à ceci : tout est vague.
Mon corps dispose de très peu de mouvements musculaires, ma mécanique, ma motricité est minime [mais : il faut être minuscule pour comprendre la vie]. Le fait est que ça ne me préoccupe pas plus que ça. Et plus globalement j'aime terriblement observer les mouvements de corps des autres mais ces mouvements me paraissent au final bien souvent fades, superficiels, inconsistants.
Et j'en suis venu à me dire cela :
le mouvement est accessoire, le rythme est essentiel.
Le rythme des vagues sous toutes leurs formes, va-et-vient universel. Précieux, indispensable.
Rencontre primordiale avec n'importe quel être vivant : savoir respirer (moduler) avec lui, danse organique. Savoir ressentir les intérieurs (leurs gestes), le sien et celui d'autrui qui deviennent le même.

dimanche 11 juillet 2010

dimanche 4 juillet 2010

Brouillon d'un cowboï (paisiblement cloîtré dans un studio-cabane de bord de mer).


{ En écoute : violoncelle, Saint-Saëns puis Schumann. Un instrument d'une profondeur que je considère toujours organique. Comme le violon, il y a là quelque chose de l'ossature et de la musculature, un glissement organique sonore. D'ailleurs les violoncellistes et violonistes ont un rapport au corps de leur instrument que je trouve impressionnant, comme si plus que le violon/celle c'est tout leur corps qui fait instrument... nuque, poignet, doigts, dos, poitrine, cuisse... }



Thématique de ces derniers temps : se sentir seul.
Ambivalence : se sentir bien en étant seul <> se sentir mal en étant seul.
Essayer de décomposer.

Se sentir seul depuis quand ?
Depuis toujours, le même sentiment dès l'enfance.
Cela dit rien d'original car j'ai compris maintenant que suis censé être adulte que la majorité des enfants se sentent seul-e-s, c'est-à-dire qu'ils/elles bénéficient de très peu d'écoute attentive et de prise de choix dans le monde. Grossière erreur. Je pense une fois de plus qu'en permettant progressivement des responsabilités aux gosses, on leur éviterait de tourner en rond dans un mimétisme des pires attitudes adultes, rendant l'enfance « joueuse » du mode alternatif bourreau/victime. Pour ma part l'enfance a été surtout saccagée par des adultes, de ce fait je crois avoir créé peu de lien fort avec les enfants craignant d'ores et déjà leur devenir adulte (je cherchais déjà plutôt à l'époque des humaines-supernovae).

Bref, ce qui n'a absolument pas changé depuis l'enfance : mon esprit explose de réflexions, de questions, d'idées, d'ébauches ; comme si j'étais un mécano existentiel, que je ne cesse de démonter et remonter les innombrables pièces que fournit une vie. Fascination des rouages infimes et des prototypes inouïs.
Et c'est là où l'ambivalence se déploie. [Une mouche sur mon écran semble lire actuellement ce que j'écris...] Lorsque je suis ce mécano qui travaille à construire ses télescopes d'observation-compréhension-apprentissage, j'ai un besoin fondamental de solitude, je bouillonne d'énergie mais elle n'est vouée qu'à me concentrer sur des mécaniques, la focalisation peut être tellement intense que le moindre dérangement me déséquilibre fatalement. C'est alors une explosion sourde qui me rend trèstrèstrès mal.
Évidemment dans la réalité quotidienne j'ai appris au fil du temps à m'équilibrer du mieux possible avec les autres (je pense notamment que mes meilleurs apprentissages ont été en vivant en binômes-couples), je maîtrise/prévois/négocie du mieux possible la présence d'autrui, ses attentes, ses besoins, ses imprévus. Sauf que j'ai réalisé tardivement que j'encaissais des tonnes de frustrations épuisantes à trop vouloir m'efforcer, et qui me rendaient au final encore moins disponible aux autres car je m'éteignais peu à peu d'épuisement.

Ce premier aspect donne l'impression d'un fou (de Bassan) égoïste et égocentré. Là où mon ego est une pyramide de dominos...
Réellement : il y a des moments où tous ces mondes que je bricole j'ai profondément envie de les montrer, pour les rendre accueillants, plaisants, amusants, réconfortants, intrigants. Des nids stellaires, où je prévois inconsciement toujours une deuxième place. (Anecdotique : à tel point que lorsque je choisis solennellement un nouveau fauteuil électrique, une de mes toutes premières préoccupations est de savoir où je pourrais porter dessus un-e valide.)
Vouloir vivre seul ne signifie pas désirer vivre isolé. [Retour de la mouche lectrice.] Si je n'aime pas beaucoup m'entourer d'humain-e-s, ce n'est pas que je n'apprécie pas les humain-e-s ; je passe ma vie à être passionné des créations et intérêts humains, dans les livres, les musiques, les films, les arts innombrables, les sciences tout aussi vastes. Notamment je suis avide d'apprendre, et je ne peux qu'être reconnaissant de chaque individu-e qui me rend accessible son savoir & son art.
Ce qui me recroqueville ou me fait fuir c'est, dirais-je rapidement, l'envahissement de mon univers a priori invisible à autrui et donc rapidement empiété. Comme si mon espace intérieur a besoin d'un large espace extérieur, hmm un peu ceci :

{bulle extérieure} = (espace intérieur)³

Les poumons internes et l'oxygène externe. Bien sûr tout le monde a ses propres dimensions du Calme, néanmoins il m'apparait de plus en plus flagrant que mes limites à moi sont particulièrement minutieuses.
J'avoue que tout cela me désespère parfois, de l'idée que je me fais d'être invivable à quiconque ; je me vois comme une petite particule atomique, bouillonnante mais inassociable. [La mouche s'est posée sur le mot « flagrant »...]

Il n'empêche que je ne m'auto-vivifie pas à 100%, j'ai ce foutu besoin de partager des humanités immédiates en spatio-temporelles. J'appelle généralement cela
- « jouer » : l'inverse de s'ennuyer (travailler est souvent jouer)
- « connecter » : trouver et explorer des longueurs d'ondes
- « ping pong ».
J'aime la complexité (ne signifiant pas : les complications), elle m'intrigue, m'amuse, me rend curieux. Et j'avoue que le plus joli paradoxe est que c'est en l'humain-e que je peux peut-être (...) ressentir la plus intéressante complexité. Paradoxale car elle est plutôt imprévisible, et les imprévisibles me sont des giboulées d'angoisses... Elle m'est aussi parfois souvent décevante (manque de cohérence, d'honnêteté, etc) et ces déceptions m'engloutissent comme pas possible dans un gouffre.
Toutefois l'humain-e arrive parfois encore à m'attirer. L'humain-e pourtant si petit-e à côté de l'océan, du cosmos, de la nature immense et des rêves infinis. Sûrement une conséquence de mon inextricable humanité.

Ainsi je peux me sentir péniblement seul. Dans une forme de manque très étrange ou absurde : « rien ne me manque sauf... ? »
Sauf : ces personnes – souvent discrètes & ailées - qui ont la magie d'avoir su déployer l'univers en elleux, d'être des encyclopédies de délicatesse, de justesse, de clairvoyance envers le monde. Et ces personnes sont les rares qui me donnent encore envie de lire dans des yeux et surtout de donner – lentement - les clés de ma planète.

Lorsque les ballades solitaires diurnes & nocturnes entrainent des histoires merveilleuses qui ont soudainement envie d'être racontées à quelqu'un-e d'autre que soi, et d'écouter en retour cet autre raconter ses ballades. Mélanger des volutes, et créer des nuages improbables.
Lorsque dans mes cabanes j'ai envie de temps à autres que quelqu'un-e soit là à me surprendre doucement d'une musique qui s'élève, d'une senteur, d'un geste, de rires. Surtout entendre – et provoquer - ces rires, pouvoir apercevoir des sourires, je n'hésite pas à penser que ça vaut tout.
Les humain-e-s que j'aime, je peux passer des années³ à les observer, je ne me lasse jamais de leurs mouvements de vie (et de leur corps, absolument jamais).

Alors parfois je me retrouve dans deux intensités de solitudes que je ne sais plus comment conjuguer. Et c'est d'une douleur saturée.
(Je sais ne pas être le seul... autre paradoxe : être plein à être seul.)
Je peux en être profondément triste, égaré dans des questionnements gluants.
Mais je peux aussi chercher à améliorer le maniement d'armes essentielles : la confiance et la patience. « Petit à petit » plutôt que de se figurer des fatalités. Hum, plus facile à écrire qu'à dégainer...


*


Pendant tout ce temps le vent s'est levé à Ré.

jeudi 1 juillet 2010

10,5

À quoi peut ressembler un nouveau corps ?
Rapport intime entre ma peau et une mécanique électronique, comme mettre à nu un exosquelette.


Le Quantum 6000.